| mise à jour, octobre 2002 | Unicode 3.0 (UTF-8) |
UIA |
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Présentée au XXe Congrès de l'UIA, |
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A l'aube du nouveau millénaire, nous, architectes de toutes les Nations du monde, sommes réunis à Beijing, ancienne capitale de l'Orient, à l'occasion du 20e Congrès de l'UIA, au lendemain de son 50e anniversaire. Le présent est né du passé, et le futur cohabite, aujourd'hui, avec le présent. Nous sommes ici pour réfléchir au passé, pour évaluer le présent et enfin, pour formuler un plan d'action raisonné pour un habitat humain meilleur et plus adapté à la vie au 21e siècle. Les distances géographiques ont été abolies, bien que les disparités régionales s'accentuent. Nous sommes tous, aujourd'hui, responsables d'une mission commune. Elle exige de nous, d'achever l'oeuvre présente, de faire face aux nouveaux défis, de développer une pensée holistique, de joindre et de coordonner nos efforts. |
1 MENER A TERME NOTRE SIECLE1.1 Le 20e siècle : des constructions et des destructions sans précédentLe 20e siècle a connu des progrès et des réussites magnifiques mais aussi la confusion et des calamités incomparables. Le 20e siècle a enrichi l'histoire de l'architecture d'une manière unique : les architectes ont joué un rôle admirable dans la reconstruction qui a suivi les deux guerres mondiales ; les innovations techniques et artistiques à grande échelle ont permis de réaliser d'excellents exemples de conceptions hors du commun. Il est cependant indéniable, que l'environnement construit, dans sa grande majorité, est encore dans un état totalement insatisfaisant. La survie de l'humanité est placée sous la menace du gaspillage des ressources naturelles du monde et du patrimoine culturel. Dans les régions émergeantes, le développement a souvent été synonyme de destruction par la construction elle-même; dans les régions les plus pauvres, les populations les plus démunies luttent pour édifier leur propre cité de demain. Au cours du dernier siècle, le monde a considérablement changé. Il nous faut le répéter une fois encore : en tant qu'architectes, nous nous trouvons à un point crucial de notre profession. |
1.2 Le 21e siècle : un tournantLa diversité et la complexité du monde ont engendré une certaine confusion; elle fait partie cependant de l'éternel processus du changement. Le 20e siècle a connu des réformes et des mutations politiques, économiques, technologiques et sociales et l'émergence de nouvelles idées. Au cours du siècle prochain, le rythme des transformations devrait s'accélérer encore, même si les tendances en sont difficiles à établir. Au cours du siècle prochain, la coexistence de la mondialisation et du pluralisme conduiront à des conflits et des à contradictions caractéristiques de notre époque. D'une part, les moyens modernes de communication ont permis de mettre en contact étroit des cultures et des traditions différentes ; l'intégration mondiale de la production, des technologies, des finances, continue de dominer les systèmes de décisions. D'autre part, le clivage entre riches et pauvres s'accentue dans des proportions alarmantes. Enfin, les conflits régionaux et l'incertitude financière font planer une ombre inquiétante sur l'habitat humain. Bien que nous ne devions par sortir du cadre de nos attributions professionnelles, il serait à la fois irresponsable et déraisonnable d'ignorer le torrent de changements sociaux et culturels qui redéfinissent le sens de notre profession d'architectes. Une reconsidération lucide du rôle de l'architecture du 21e siècle appelle notre enthousiasme, notre force et notre courage. |
2 FACE A NOUS, DES DEFIS2.1 Des entrelacs de questions La revanche de la nature Nous ne connaissons pas suffisamment l'écosystème, même si les catastrophes écologiques ont révélé leur fragilité. D'un point de vue historique, nous ne sommes pas propriétaires du monde dans lequel nous vivons : nous devons simplement le léguer à nos enfants. En quel état, laisserons-nous nos villes et nos campagnes à nos enfants ? De quelle manière, l'architecte peut-il contribuer à l'avenir de la civilisation humaine à travers l'urbanisme et le design ? L'incontournable urbanisation C'est pourquoi, les bidonvilles ont été vigoureusement démolis lorsque les villes ont vu émerger une classe défavorisée. La ségrégation des riches et des pauvres, la congestion du trafic automobile et celle des sols, la pollution de l'air et l'accroissement du niveau sonore, sont allés croissants dans les villes, qu'elles soient grandes ou petites. Nos villes pourront-elles survivre ? Nous construisons les villes, mais pourquoi nous sentons-nous aussi impuissants à les changer ? En quel sens, pouvons-nous donner forme à l'habitat urbain alors qu'il nous conditionne nous-mêmes ? Les concepts traditionnaux survivront-ils dans les villes du siècle prochain ? La technologie : une arme à double tranchant La technologie a conduit l'espèce humaine vers un nouveau carrefour, alors que nous nous trouvons encore dans le processus d'exploitation de son potentiel. La technologie modifie les relations traditionnelles entre l'homme et la nature, remettant en cause, en permanence, les normes existantes en matière de modes de vie et de valeurs. Par quels moyens, l'être humain peut-il tirer profit de la technologie en évitant, dans le même temps, les dommages qu'elle est capable d'engendrer ? Le génie du lieu en péril Cependant, la mondialisation de la technologie a conduit les êtres humains à s'éloigner de plus en plus de leur territoire. La production commerciale standardisée interrompt l'évolution des formes locales de construction. Les techniques et les traditions s'affrontent. Les identités locales s'étiolent. Quelles contributions les architectes peuvent-ils apporter pour retrouver l'âme des cités et des villes caractéristiques des siècles passés ? |
2.2 Un thème commun, un futur communLes défis auxquels nous sommes confrontés sont hétéroclites et écrasants. Ils sont en fait, la combinaison de processus complexes, à caractère social, politique, économique et culturel, aux niveaux local et mondial. Notre discussion ne doit pas se limiter aux seuls effets de ces processus. Une solution efficace doit plutôt provenir d'une compréhension minutieuse de la nature dialectique des forces qui contribuent à donner forme à notre environnement construit d'aujourd'hui. La recherche de solutions efficaces au niveau mondial, est soutenue par notre aspiration commune à un avenir durable et viable de notre planète. Notre monde est interdépendant. La perspective d'une Nation dépend pour une grande part, de l'avenir des autres Nations. De même, le futur de l'architecture dépend de la compréhension et de l'assimilation des réalisations dans d'autres disciplines et d'autres professions. C'est ce thème commun qui nous conduira à esquisser un futur commun pour le 21e siècle. |
3 VERS UNE ARCHITECTURE INTEGRALEAu cours des cinquante dernières années, les architectes du monde se sont réunis pour débattre d'un grand nombre de sujets. Ces débats ont largement aidé à une compréhension mutuelle de l'architecture, dans ses différents domaines. C'est pourquoi il est opportun d'examiner les progrès acquis et de redéfinir les limites, les contenus et l'organisation de notre discipline et de notre profession. |
3.1 Préalables théoriquesÀ travers les siècles, le rôle de l'architecte s'est constamment modifié pour répondre aux besoins et aux exigences de son temps. Là où les méthodes traditionnelles se sont révélées être inadéquates, de nouvelles approches ont été développées et les ont remplacées. C'est pourquoi, sans exception, chaque redéfinition repousse les limites de l'architecture vers l'extérieur pour des interventions plus vastes et vers l'intérieur pour un plus grand degré de spécialisation au niveau des composants. A cet égard, le 20e siècle est sans doute, le plus remarquable. Un vaste champ d'intervention et un haut degré de spécialisation a donné à l'architecte du 20e siècle des opportunités et un potentiel professionnel sans précédent, même si au niveau personnel, une profession en expansion et une spécialisation croissante peuvent sembler très lourdes à gérer. Dans un sens, la tour de Babel semble s'être effondrée : il est incroyablement difficile à un architecte de maîtriser la spécialité d'un de ses confrères ; bien que la somme des connaissances se soit développée de manière collective, le profil de chaque concepteur a tendance, paradoxalement, à devenir plus étroit et fragmenté. La discipline du spécialiste est liée au financement et à la gestion plus qu'à une structure intellectuelle cohérente. Il en résulte que le rôle de l'architecte continue à se marginaliser, dans les processus de décision qui déterminent l'habitat humain d'aujourd'hui. La capacité d'un architecte à proposer des conceptions et des solutions créatives dépend étroitement des sphères intellectuelles et professionnelles sur lesquelles il a autorité. Les perspectives étroites et individualistes ne peuvent convenir, quelle que soit la manière dont les concepteurs sont gérés extérieurement. Cependant, aucun individu ne peut ni ne doit prétendre contrôler l'ensemble des connaissances de notre profession. Quo Vadis ? Les philosophes chinois classiques étaient particulièrement attentifs à veiller à la différence entre méthodologies (alternativement le Dao ou Tao) qui concerne une structure intellectuelle et la méthode (Fa) qui concerne des techniques spécifiques. Il est utile de rappeler leur sagesse sur ce point. Quels que soient les talents professionnels, les compétences ou les préférences, qu'un architecte peut avoir, ces techniques ne peuvent donner leur vraie valeur que si elles sont orientées par une perspective intellectuelle plus large. Un architecte peut travailler dans un secteur spécialisé, par choix ou par chance, mais il ne doit pas perdre de vue l'aspect global de la profession, la vaste sphère de savoir qui est potentiellement à sa disposition. Les Maîtres contemporains et ceux du passé ont montré combien leur compréhension du Dao en architecture les avait aidé à atteindre des sommets magnifiques dans la conception et la planification. Cependant, si une telle compréhension peut être considérée comme une sorte de luxe qu'appréciaient les Maîtres du passé, elle est en train de devenir une donnée indispensable à tous les architectes, en cette période d'explosion de l'information. Dans l'univers de croissance accélérée de la profession, une orientation intellectuelle est l'élément essentiel qui permette d'organiser le domaine du savoir et des compétences relatives à l'architecture, en fonction du processus plus vaste qui donne sa forme à l'environnement construit. Quel est le contenu de cette méthodologie ? |
3.2 Une fusion entre l'architecture, l'aménagement du paysage et l'urbanismeL'identité professionnelle d'un architecte, au sens large du terme, est focalisée sur les formes construites qui sont l'aboutissement de la création. A la base, la théorie générale de l'architecture est une intégration de l'architecture, du paysage et de l'urbanisme, située au coeur de la conception de la cité. Cependant, l'échelle croissante et l'objectif du développement moderne offrent des opportunités d'appréhender l'architecture, le paysage et l'urbanisme, dans leur totalité. Cette composition tripartite permet aux concepteurs de chercher des solutions à l'intérieur d'une sphère plus vaste. |
3.3 L'architecture en tant que l'un des processus de l'habitat humain.Le métabolisme est l'une des règles fondamentales du développement des établissements humains. L'architecture est la discipline qui traite des établissements humains, elle doit donc prendre en compte les objectifs physiques de la construction comme un système de circulation. Le cycle de vie des bâtiments doit être considéré comme un facteur fondamental du design. Le cycle de vie des bâtiments ne comprend pas seulement la construction et les phases de mise en oeuvre, mais aussi, les processus de production à faible coût, la pollution, la consommation d'énergie, et la refonte de l'environnement. Du point de vue des établissements humains, des facteurs comme la planification, la conception architecturale, la préservation du patrimoine historique, le recyclage de bâtiments anciens, la réhabilitation urbaine, la rénovation et la reconstruction des cités, l'utilisation des équipements souterrains etc., devraient être intégrés à un système de circulation dynamique. Il s'agit d'un système pour une meilleure architecture, une relation espace/temps moderne. C'est aussi la démonstration d'une approche durable et viable de l'aménagement et de la conception architecturale. |
3.4 Technologies multiples enracinées dans la culture vernaculaireUtiliser l'innovation technologique dans toutes ses performances sera l'un de nos objectifs essentiels lors du siècle prochain. Premièrement, au cours du 21e siècle, différentes formes de la technologie coexisteront du fait des contrastes régionaux et des déséquilibres dans le développement des technologies. Théoriquement, il est nécessaire d'adopter de nouvelles technologies issues de sources étrangères et de les intégrer aux conditions locales, pour améliorer les critères technologiques locaux. Si les architectes eux-mêmes peuvent faire face au défi écologique auquel se trouvent confrontés les individus, et adopter les technologies de pointe de manière créative, les bâtiments qu'ils conçoivent pourront alors, être viables et sains. Du fait de la complexité technologique, la basse-technologie, la technologie légère et la haute-technologie sont d'une échelle et d'un niveau différents. Pour chaque projet, le choix d'une approche technologique devrait se faire en fonction de conditions précises. En d'autres termes, pour faire évoluer chaque projet construit, différentes formes de technologies doivent être intégrées, utilisées et améliorées. De même que pour l'utilisation des technologies, des considérations humanistes, écologiques, économiques ainsi que les aspects régionaux doivent être intégrés. Plusieurs niveaux d'innovation doivent être trouvés afin d'améliorer le niveau de la créativité architecturale. Beaucoup d'exemples théoriques sont aujourd'hui à notre disposition. Il est évident que de plus amples progrès seront accomplis, au cours du siècle prochain. Deuxièmement, la science et la technologie sont aujourd'hui intimement liées. Le développement de la technologie doit être mis en relation avec les facteurs humains. Comme le disait Alvar Aalto : 'la préservation des différences devrait aussi être renforcée. Le développement de l'architecture devrait être enraciné dans les origines régionales et prendre les conditions locales comme point de départ de la recherche de solutions'. Sur ces bases, les idées étrangères peuvent être intégrées dans la conception de nos villes, ce qui conduirait finalement à une société à la fois intègre et variée. |
3.5 L'harmonie en architecture plutôt que la monotonieL'architecture est, par définition, un produit régional : les bâtiments sont au service des contacts locaux, dans lesquels ils trouvent aussi leur signification. L'architecture régionale n'est pas seulement le produit du passé d'une région. Elle tire aussi ses fondements de sa capacité à prendre en compte son avenir. La pertinence de notre profession réside dans sa capacité à concevoir des projets qui relient le passé et le futur. Nous utilisons notre savoir professionnel pour orienter les choix et donner des informations sur les options de plus en plus nombreuses qui s'offrent aux communautés locales. 'Le partage d'expériences entre les différents pays et les régions géographiques ne doit jamais être abordé comme le simple transfert de solutions toutes faites, mais comme des moyens propres à stimuler les imaginations locales'. La localisation de l'architecture moderne et la modernisation de l'architecture locale, constituent une approche globale qui doit être partagée par tous, dans une perspective d'expansion de l'architecture. |
3.6 L'art dans l'intérêt de l'environnement construitAprès la révolution industrielle, l'urbanisation galopante a produit des changements radicaux dans la structure urbaine et dans les formes architecturales. Le changement physique de l'environnement tend vers l'anarchie. Nous devrions essayer d'établir un ordre hors de cette anarchie, de trouver la beauté et l'harmonie hors du chaos. Considérer uniquement la relation entre l'architecture et ses environnements avec les méthodes de conception traditionnelles, est loin d'être satisfaisant. Nous devons considérer l'architecture d'un point de vue massif et urbain. Les pensées architecturales doivent se déplacer d'un édifice à un complexe d'édifices, de l'aménagement urbain à l'aménagement rural et à la planification. Une relation holistique avec la nature est aussi un facteur important à prendre en compte. Dans les histoires de toutes les cultures, l'architecture est devenue une manifestation ultime et une partie intégrante des Beaux-Arts, auprès de la sculpture, de la peinture, de l'artisanat d'art etc. |
3.7 L'Architecture pour tousDans de nombreuses sociétés traditionnelles, l'architecte joue le rôle de coordinateur en chef de tous les métiers qui contribuent à l'aménagement de la ville et de la campagne. Aujourd'hui, cependant, l'architecte est considéré comme un fantaisiste, incapable de prendre de réelles décisions. Il est plus pertinent d'aborder l'architecture dans le contexte socio-politique, plutôt que dans le champ trop réducteur de l'esthétique et de la technique. Ce n'est que dans ce sens que les architectes pourront intervenir, en tant que professionnels, à tous les niveaux de décision. En tant qu'acteurs sociaux, les architectes devraient diversifier leurs services et élargir la conception de leur profession. Ils devraient prendre une part active aux réformes sociales, en ayant une compréhension fondamentale de la société et du respect des populations. Le destin d'un architecte est de bâtir un foyer pour tous, de fournir un toit aux pauvres et aux sans-abri. La liberté de conception en architecture ne doit pas servir de prétexte à la méconnaissance des obligations sociales. L'architecture est une science au service des populations. Une compréhension et une contribution sociales de l'architecture, plus intenses, contribueraient très utilement à la création d'un environnement meilleur. Non seulement, les usagers participeraient aux processus du design, mais les décideurs, les stratégies politiques et les soutiens gouvernementaux seraient, eux-aussi, plus efficaces. L'éducation culturelle et architecturale d'un décideur est un facteur déterminant de la qualité d'un projet de construction. En ce sens, la compréhension de l'architecture devrait être promue dans chaque société. |
3.8 Apprendre l'architectureLe progrès dans l'architecture du futur dépend des progrès de la formation architecturale. L'éducation culturelle et architecturale d'un décideur dépend du niveau de l'enseignement de l'architecture, lui-même dépendant de la maturité des nouvelles générations d'architectes. Les architectes et les étudiants en architecture doivent avoir un esprit professionnel responsable et une conscience de l'éthique de l'environnement. Ils doivent travailler dans l'intérêt de la société au sens large, essayer de mettre en oeuvre des stratégies qui contribuent à l'ensemble des qualités des établissements humains. La formation architecturale doit étendre le nombre de ses disciplines. Un système ouvert de connaissances devrait être instauré. L'objectif de l'enseignement de l'architecture est d'amener un étudiant à apprendre la recherche, l'expression et l'organisation. Chaque étudiant en architecture devrait apprendre à être ouvert d'esprit, à utiliser les progrès des nouvelles technologies et à créer sur les bases d'un savoir professionnel. |
3.9 Vers une architecture intégraleIl est nécessaire d'insister à nouveau sur les propos tenus par Walter Gropius il y a un demi-siècle : 'L'idée que je me fais d'un architecte, est celle d'un coordinateur dont le travail consiste à synthétiser les problèmes formels, techniques, sociaux et économiques qui se posent par rapport à la construction... Je crois, que la nouvelle architecture parviendra à dominer une sphère beaucoup plus vaste que celle de la construction, au sens où on la conçoit aujourd'hui. A partir de la recherche du détail, nous devons évoluer vers une conception de plus en plus large et approfondie du design, un vaste champ homogène.' Le développement de l'architecture appelle à la fois l'analyse et l'intégration. Mais,désormais, l'intégration devrait être renforcée. L'intégration d'une Théorie générale de l'architecture n'implique pas de la part des architectes, qu'ils soient des professionnels dans toutes les disciplines, ce qui serait impossible, mais nécessite de leur part, de meilleures connaissances professionnelles et un mode de pensée plus philosophique afin d'être mieux à même de résoudre les problèmes et d'établir des théories. Nous devons faire face à un monde de contradictions, de contrastes entre mondialisation et localisation, internationalisme et nationalisme, universalité et particularismes, flexibilité et stabilité, etc. Le développement futur de l'architecture implique notre compréhension et notre prise en compte de ces contradictions. Chaque projet contemporain de construction peut être abordé comme l'ensemble des contradictions que nous venons d'énumérer. Tout architecte doit composer professionnellement avec ces contradictions, et trancher entre la liberté et les règles, l'art et la science, la tradition et la modernité, le patrimoine et l'innovation, la technologie et le lieu, l'assimilation et la diversité, etc. La Théorie Générale de l'architecture est le processus dialectique de ces contradictions. |
4 LES CHEMINS POUR UN DESTIN COMMUNLe monde objectif est un complexe fait de changements et de variétés entrelacés. Il n'est ni possible ni souhaitable de chercher des solutions techniques identiques. Durant des siècles, la pensée holistique a été la pierre angulaire des philosophies occidentales. Elle est devenue le patrimoine commun et la devise du village planétaire : <<Tous les moyens du monde n'ont qu'une seule fin et toutes les préoccupations n'ont qu'une destinée>>. Nos préoccupations peuvent nous conduire aux conclusions suivantes : Premièrement, chercher le point d'intégration dans les entrelacs d'un monde complexe. De nombreux préceptes chinois philosophiques et artistiques mettent l'accent sur l'importance de l'intégration d'une pensée holistique. L'architecture du 20e siècle est faite de triomphes et de prouesses mais ceux-ci ne sont que des fragments d'histoire. Afin de conduire l'architecture d'une ère nouvelle vers une destinée commune, nous devons essayer de trouver ceux des fragments d'histoire qui, par leurs contributions inestimables ont marqué la civilisation humaine. Par l'intégration de ces fragments et le retour à nos préoccupations essentielles, nous serons en mesure de trouver l'esprit d'une architecture nouvelle, la doctrine d'une ère nouvelle, et l'opportunité de nouvelles créations pour le 21e siècle. Deuxièmement, différents chemins conduisent à une même destination. Compte tenu des contrastes régionaux, chaque Nation devrait avoir ses propres voies de développement. Ce n'est que forte de ces voies différentes que la civilisation humaine peut se poursuivre de manière viable. Comme il est coutume de le dire en occident, <<tous les chemins mènent à Rome>>. Peut-être n'y a-t-il aucun chemin commun; il y a cependant, un avenir commun : l'avenir pour tous les êtres humains est de vivre dans un environnement bienfaisant. C'est pourquoi, un architecte doit consacrer sa vie à la recherche de l'humanisme, de la qualité, de la compétence et de la créativité. Il est de sa responsabilité d'édifier, sur cette planète un environnement meilleur, avec des ressources limitées. Au tournant du siècle, nous avons abordé le thème d'une nouvelle ère, nous avons trouvé les contradictions de base et nous sommes en train d'atteindre un accord sur ce que doit être notre mission. Il doit être considéré que le début d'un siècle nouveau n'est qu'une étapedans la continuité de la civilisation. La recherche que nous sommes en train d'effectuer aujourd'hui est un simple début de coordination de l'humanité, dans un objectif commun, un commencement susceptible de connaître des changements. C'est avec confiance et optimisme que nous regardons de l'avant, vers ce devoir de construire l'habitat humain du 21e siècle. C'est pourquoi, nous sommes prêts à engager une nouvelle exploration d'un thème commun et d'une méthodologie. Dès lors, nous nous tournons vers le futur et vers notre mission capable de redonner forme au futur. |
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Prof. Wu Liangyong |
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