UNE RESPONSABILITÉ FACE AUX PROBLÈMES MONDIAUX
Le XXIe Congrès mondial des architectes réuni a Berlin, à l’aube du XXIe siècle, entend rappeler aux architectes, ingénieurs et planificateurs du monde entier qu’ils portent une responsabilité conjointe dans la résolution des problèmes mondiaux auxquels seront confrontés les êtres humains tout au long de ce siècle.
Le XXIe siècle est marqué par le déclin de l’ère industrielle telle que nous l’avons connue, et les succès et progrès qu’elle a apportés ont été obscurcis par de graves antagonismes :
- La prédominance du capital sur le travail ;
- La course à la croissance et à la prospérité au détriment de l’environnement ;
- L’approche strictement rationnelle de la science et du progrès technique ;
- L’inéquitable distribution des richesses.
Ces conditions se sont révélées inhumaines et facteurs de crises. Elles sont sur le point de s’effondrer sous le poids de leurs propres contradictions.
Le moment est venu d’éliminer ces contradictions et de se défaire des paradigmes modernistes unilatéraux.
Un dialogue entre les cultures intégrant le respect légitime pour les traditions ancestrales, doit conduire à l’élaboration de nouveaux principes qui n’érigent pas l’être humain en maître des règles du cosmos mais comme faisant partie de celui-ci.
L’approche urbaine et l’architecture du Modernisme reflètent les formes structurelles d’une époque qu’une autre est en train de remplacer.
L’architecture en tant que ressource est un concept qui induit une relation à l’histoire et porte l’espoir que l’individu est capable de vivre en harmonie avec la nature.
Les participants au XXIe Congrès mondial des architectes sont invités à franchir un seuil, à manifester un engagement et à produire des solutions innovantes. De fait, il s’agit de reformuler le slogan tant utilisé : penser globalement, agir localement.
EN RÉFÉRENCE AUX NATIONS-UNIES
Suivant les différentes étapes des grandes conférences des Nations Unies, le XXIe Congrès mondial des architectes, Berlin 2002 propose que les ressources de
l’architecture soient utilisées pour répondre aux demandes formulées lors de ces conférences et à celles formulées par l’UNESCO, lors de son Assemblée générale en novembre 2001 appelant au dialogue entre les cultures, entre les civilisations et entre les disciplines.
Le Congrès se réfère à :
- La Conférence de Rio de Janeiro (1992)
- La Conférence mondiale sur la population au Caire (1994)
- La Conférence sur les établissements humains à Istanbul (1996)
- Les requêtes du Centre du patrimoine mondial.
Le XXIe Congrès de l’UIA est une opportunité de poursuivre le débat sur les villes du XXIe siècle, engagé à Berlin en l’an 2000 lors de la Conférence mondiale sur le futur urbain Urban 21.
Le XXIe Congrès mondial des architectes, UIA Berlin 2002 souhaite contribuer à l’édification d’une nouvelle politique de la paix, prônée depuis longtemps par Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, au bénéfice des êtres humains, de l’environnement et des cultures.
Question 1
Sur quelles valeurs morales se fonde la responsabilité de ceux qui participent
effectivement à l’aménagement et à la construction ?
Question 2
A travers leurs réalisations architecturales, quelles pierres les architectes sont-ils en mesure d’apporter à l’édification d’un nouvel ordre de la paix mondiale ?
Question 3
Comment le coût écologique de l’environnement construit peut-il être intégré, plus efficacement que par le passé, d’un point de vue économique et en tenant compte des conséquences mondiales ?
Question 4
Comment l’innovation architecturale peut-elle s’édifier à partir des traditions et de l’histoire de la construction ?
Question 5
Comment l’identité régionale peut-elle être perçue d’un point de vue architectural, économique et social comme une valeur ajoutée et comment peut-elle continuer de l’être sous une forme moderne ?
Question 6
Comment la beauté architecturale peut-elle répondre à des aspirations contemporaines tout en incarnant la pérénité ?
Question 7
Comment la valeur sociale de la planification, en tant que mode de pensée holistique liée à des décisions individuelles et à des bâtiments singuliers, peut-elle être augmentée ?
Question 8
Comment la construction durable et les économies d’énergie peuvent-elles contribuer à un plus haut niveau de justice sociale ?
Question 9
De quelle manière la planification et la construction peuvent-elles protéger les ressources matérielles et enrichir les ressources spirituelles de beauté et d’identité ?
Question 10
Quelle peut être l’attitude des architectes lorsque des changements politiques sont nécessaires tandis que les réalités de la planification et de la construction conservent leur forme passée ?
COMITÉ SCIENTIFIQUE DU CONGRÈS BERLIN 2002