Selon le Comité organisateur du XXIIe Congrès de lUIA, la réunion des architectes du monde est une opportunité de reconsidérer lordre du jour mondial de larchitecture. Au cours des récentes décennies, les architectes se sont focalisés de manière récurrente sur les questions de durabilité et de diversité. Le concept de développement durable, la bio-
diversité et la diversité culturelle en tant que fondement de lhumanité, ont été au centre des derniers Congrès de lUIA et synthétisés lors du Congrès de Berlin sur le thème : Ressource-architecture. Dautre part, le décalage croissant entre les espoirs, les aspirations et la pression des réalités place larchitecture dans une
situation critique non seulement du point de vue du développement incontrôlé mais par rapport à des problèmes de structure et de compétitivité.
Le Congrès 2005 à Istanbul souhaite proposer un forum où les architectes pourront ouvertement partager leurs succès, leurs résistances, leurs propositions, leurs discours critiques et leurs visions. Utilisant les outils de communication les plus performants, le Comité dorganisation souhaite offrir un réseau interactif par lequel les architectes se réuniront, en ligne ou à travers des contacts personnels, pour échanger leurs rêves, leurs pensées, leurs préoccupations, leurs souhaits et leurs limites. Les architectes du monde confronteront leurs idées dans une ambiance festive, celle dun bazar, cest-à-dire en portant les priorités de différentes positions géographiques sur un même forum. Avec lenthousiasme, le sens des responsabilités et le discernement qui caractérisent une profession qui construit des espaces pour la vie, les architectes tenteront détablir de nouveaux liens avec lordre du jour mondial en négociant, de la manière la plus efficace et selon une analyse précise, avec ceux qui détiennent les enjeux.
Nous sommes de plus en plus conscients que nos différents mondes à des micro- échelles ne sont pas immunisés contre les risques dune mondialisation croissante sur cette planète singulière. Ceci nous conduit à penser que les propositions utopiques daujourdhui sont intimement liées à lécologie et à la démocratie.
Comment larchitecture peut-elle prendre part à ce débat ?
Comment la volonté de mise en forme des précurseurs du modernisme, pourrait-elle réconcilier avec des attitudes généreuses de réhabilitation et de gestion des établissements humains ?
Dans quelles directions doivent sorienter les forces vives de larchitecture pour évoluer en sopposant aux pratiques basées sur la consommation de nature, dhistoire, de société et dindividus ?
La vision qui regroupe lexistence globale et la diversité sous un dénominateur commun est une modernité responsable, qui affecterait à la fois les actes et les engagements de larchitecture. Contre les racines des catastrophes écologiques, de la dépression morale, de la pauvreté esthétique générées par des pratiques de constructions irresponsables, le défi dun nouveau modernisme - qui ne dissocie pas la science, léthique et lart- incitera les architectes à prendre des engagements plus forts au sein de leur discipline et de leur profession.
La structure thématique du Congrès dIstanbul est inspirée de la célèbre tradition des bazars qui ont jalonné lhistoire des rencontres humaines. Le grand bazar ou la place du marché porte limage de la diversité et de la solidarité des anciens marchands et suggère la liberté dexpression et la libre circulation des idées, qui peuvent être enrichies par les media existants, le dialogue et la discussion orientés vers lintérêt et la responsabilité collectifs. Et puis, la métaphore de bazar (ouvert-fermé, local-global, réel-virtuel) devrait engendrer des critiques incisives et des arguments à lencontre des mécanismes dominants du marché, qui transforment les relations humaines et professionnelles en services.
La rencontre dIstanbul se veut une résistance globale des architectes du monde à la dépréciation de lidée de qualité de la vie.