Palmarès 1996

Rafael MONEO, Médaille d'Or 1996 de l'UIA

Citation du jury :


Musée national d'art roman à Merida
Rafael MONEO architecte

Tout au long de sa carrière, Rafael Moneo s'est consacré à la conception architecturale ainsi qu'à l'enseignement de l'architecture. Ses projets ont contribué à faire rayonner l'art architectural en mettant en valeur le contexte urbain et en respectant l'environnement.
La plupart de ses oeuvres sont tissées dans les mailles de la ville et sont partie intégrante de la vie et des espaces quotidiens des habitants. Architecte de notoriété internationale, Rafael Moneo sait créer un juste équilibre entre la tradition et l'innovation.

SA CARRIÈRE ET SON OEUVRE

L'architecte espagnol Jose Rafael Moneo est le cinquième récipiendaire de la Médaille d'or de l'UIA qui lui sera remise officiellement, le 4 Juillet 1996, au cours du XIXème congrès de l'UIA à Barcelone.
Né en 1937, à Tudela (Espagne), il étudie à l'école d'architecture de Madrid dont il est diplômé en 1961. Il travaille ensuite avec l'architecte danois, Jorn Utzon (1961-1962), et passe deux ans à l'Académie d'Espagne à Rome. Il ouvre sa propre agence, en 1965, à Madrid.Parmi ses réalisations, figurent, l'usine Diestre à Saragosse (1965-1967), le Siège de la Bankinter Bank à Madrid (1973-1976), le Musée national d'art roman à Merida (1980-1984), l'extension de la gare de chemin de fer Atocha à Madrid (1984-992), la restructuration de l'ancien Palais Villahermosa à Madrid en un musée destiné à abriter la collection Thyssen Bornemisza (1989-1992) et la Fondation Pilar et Joan Miro à Palma de Majorque (1987-1992).

Fondation Pilar et Joan Miro à Palma de Majorque
Rafael MONEO architecte

Hors d'Espagne, il a également conçu, aux Etats-Unis, le Davis Art Museum du Wellesley College au Massachusetts (1989-1993), et le Musée des Beaux Arts de Houston, en cours de construction ; le Musée d'art moderne et d'architecture de Stockholm en Suède, le Potzdammer Platz Hotel et un immeuble de bureaux à Berlin.
Depuis 1966, il enseigne dans différentes écoles d'architecture espagnoles ainsi qu'aux Etats-Unis où il dirige entre 1986 et 1990, le département d'architecture de l'école supérieure de design de l'Université de Harvard. Son oeuvre critique et théorique fait autorité. Elle a tout d'abord été publiée dans la revue italienne lotus international, dans la revue américaine Oppositions puis dans la revue espagnole Arquitectura Bis, dont il est l'un des co-fondateurs.
Rafael Moneo est titulaire de la Médaille d'or des Beaux Arts décernée par le Gouvernement espagnol, il a reçu, en 1993, le Prix Arnold W. Brunnner Memorial d'architecture de l'Académie américaine des Arts et Lettres et le Schock Prize de la Fondation Schock et de l'Académie royale des Beaux Arts de Stockholm.


LES LAURÉATS DES PRIX UIA 1996

Créés en 1961, les prix UIA sont décernés traditionnellement tous les trois ans, dans le cadre des congrès mondiaux de l'UIA. A caractère thématique, ils sont dédiés, chacun, à la mémoire des premiers Présidents de l'Union dont ils portent le nom.

Le Prix Sir Patrick Abercrombie 1996, pour l'urbanisme et l'aménagement du territoire ;
Le Prix Auguste Perret 1996, pour l'application de la technologie à l'architecture ;
Le Prix Jean Tschumi 1996, pour la critique architecturale et/ou l'enseignement de l'architecture ;
Le Prix Sir Robert Matthew 1996, pour l'aménagement des établissements humains.

Comme pour la sixième Médaille d'or, le jury s'est réuni à Berlin, les 13 et 17 janvier, au Centre de l'architecture allemande (DAZ). Il était composé des membres du Bureau de l'UIA : Jaime Duro Pifarre (Espagne), Président, Vassilis Sgoutas (Grèce) Secrétaire général, Enrico Milone (Italie) Trésorier, et Gunnel Adlercreutz (Finlande), Moshe Zarhy (Israël), Sara Topelson de Grinberg (Mexique), Kok Leong Chia (Singapour), Salah Zaky Said (Egypte), respectivement Vice-présidents de l'UIA.

Prix Sir Patrick Abercrombie 1996

Le Prix a été décerné à l'architecte mexicain Juan Gil Elizondo pour son action dans le cadre du programme de sauvegarde écologique du jardin Xochimilco, jardin flottant traditionnel gravement endommagé, situé à Mexico.
Ce programme est la restauration exemplaire d'un espace de vie agricole vernaculaire qui a métamorphosé cette zone détériorée et polluée en un système agricole vivant et efficace fait d'eau claire et d'air pur. Sous la conduite enthousiaste et grâce à l'audace politique de l'architecte Juan Gil Elizondo, une équipe pluridisciplinaire composée d'experts dans différentes disciplines et d' habitants occupant ce lieu depuis plusieurs générations, une stratégie de développement a été définie. Elle intégrait la régulation des sols et des baux fonciers, l'installation d'un système de tout-à-l'égout, la collecte des ordures ménagères par bateaux et l'application des technologies les plus en pointe au traitement des eaux.

L'aménagement subtile et la restructuration de ce vaste territoire est un exemple de sauvetage écologique et d'urbanisme à l'échelle locale et métropolitaine qui prend en compte la culture, les modes de vie, les traditions, et les technologies d'aujourd'hui.

Prix Auguste Perret 1996

Ce prix a été décerné, à l'architecte allemand Thomas Herzog dont l'oeuvre est une recherche sur la logique de la forme et la réflexion organique.

Centre du design à Linz

Parmi ses nombreuses réalisations, mentionnons une série de maisons individuelles bioclimatiques dont les maisons vertes à, Berlin, dans lesquelles les idées les plus avancées en matière de gestion de l'énergie et d'écologie ont été développées, notamment par le biais de lanternes de verre qui servent de capteurs et fournissent l'éclairage des espaces intérieurs ; le Centre du Design à Linz (1988-1993), et des extensions des usines Wilkahn près de Hanovre (1989-1992)

Pour cet architecte, les édifices de grande échelle sont des objets technologiques. Thomas Herzog analyse très soigneusement les effets des technologies de pointe sur la construction et en met en évidence la dimension technique. Il a apporté des contributions incontestables dans le domaine de la mise en oeuvre du bois et dans l'utilisation de l'énergie, en donnant aux édifices un squelette et une structure tramée.

Prix Jean Tschumi 1996

Deux prix ex-aequo ont été attribués : l'un à l'architecte britannique Peter Cook, l'autre à l'architecte Chinois Liangyong Wu.
Peter Cook est l'un des acteurs incontestés de la dynamique des idées architecturales depuis les années Soixante.
Après avoir été l'élève de Peter Smithson à l'Architectural Association de Londres, Peter Cook participe à la création et à l'animation du groupe Archigram entre 1960 et 1976. Il créé sa propre agence en association avec Christine Hawley en 1976. Il prend part à de nombreux concours, participe à des expositions et des tribunes de par le monde sans cesser de se consacrer à l'enseignement de l'architecture. Il est Professeur à la Bartlett school de l'Université de Londres dont il dirige le département d'architecture depuis 1990.

La critique architecturale et l'enseignement sont les outils indissociables de la promotion de l'architecture auprès des professionnels et du grand public.
Peter Cook jouit d'une influence reconnue sur la scène internationale, en tant que critique d'architecture. Sa détermination, alliée à son talent, à son ouverture d'esprit et sa capacité à susciter les idées nouvelles et à révéler de nouveaux talents, tant dans son pays qu'à l'étranger, en font l'une des figures de proue de la critique architecturale contemporaine.

Fondateur en 1946 du Département d'architecture de l'Université de Tsinghua, puis du premier programme d'architecture du paysage en Chine, le professeur Liangyong Wu a fait de cet institut le plus performant des établissements de recherche sur l'architecture et l'urbanisme de son pays. Mettant la théorie au service de la pratique il a , avec son équipe, développé un nouveau type d'habitat pour les secteurs historiques. Il est l'un des fervents défenseurs du patrimoine construit et de la sauvegarde des ressources naturelles en Chine. "Architecte du peuple", ardent acteur de la reconstruction, le Professeur Wu a récemment développé un programme de logement social expérimental dans un quartier historique de Beijing "Ju'er Hutong Project", qui a obtenu le Prix des Nations-Unies pour l'habitat en 1993.
Pour reprendre les termes de Eiliel Saarinen auprès duquel il étudia à la Cranbrook Academy of Arts :

"il a insufflé à son oeuvre quelque chose que l'on pourrait qualifier de modernité chinoise. Il ne s'agit pas là d'une simple adaptation à un développement civique mais plutôt de l'adaptation de ce développement à la vie chinoise, un mélange d'ancien et de nouveau, fondé sur l'esprit chinois lui même et qui est immuable."

Le jury a tenu à accorder deux mentions spéciales. L'une à l'éditeur japonais d'ouvrages d'architecture Toshio Nakamura, l'autre à l'éditeur mexicain COMEX .
En 1971, Toshio Nakamura a créé la revue a+u, revue mensuelle consacrée aux nouvelles tendances de l'architecture internationale contemporaine. Il a largement contribué à travers son oeuvre à la promotion de la profession et de la création architecturales.

Toshio Nakamura jouit d'une notoriété internationale en tant qu'éditeur, critique, journaliste et enseignant. Il s'est, tout au long de sa carrière, consacré à la promotion de la culture architecturale occidentale et orientale.

La Fédération des architectes de la République mexicaine a signé un accord avec COMEX pour la promotion et l'édition d'ouvrages consacrés à l'architecture mexicaine. Quatre excellents livres ont été publiés depuis 1992 : la couleur dans l'architecture mexicaine ; jeunes architectes mexicains ; restauration et réhabilitation dans l'architecture mexicaine, la maison dans l'architecture mexicaine.Cet ensemble éditorial, coordonné par l'architecte Ernesto Alva Martinez, offre une vision très complète de l'architecture mexicaine.

Prix Sir Robert Matthew 1996

Ce prix a été décerné au Professeur Giancarlo De Carlo.
Dans les années 40 et 50, il s'illustre par ses positions militantes et ses attaques sans compromis contre le style international, au sein de "Team X" . Soucieux du rôle social de sa profession; il intègre les données sociales et politiques, prône la participation et une "lecture de la ville ", comme facteurs indispensables à l'accomplissement de toute intervention architecturale et urbaine. Il applique ces principes dès sa première oeuvre importante, la cité universitaire d'Urbino, ville sur laquelle il ne cessera de réfléchir et d'intervenir, mettant en oeuvre son érudition, ses capacités à lire l'histoire de la ville, et à imaginer son avenir dans un savoir faire incontesté. Il en élabore le schéma directeur, démarche conceptuelle consignée dans le livre "Urbino : l'histoire d'une ville et les plans de son développement" qu'il publie en 1966.

Giancarlo de Carlo est une figure de l'architecture italienne des quarante dernières années, remarquable autant pour ses qualités de théoricien que de praticien. Fondateur du laboratoire international d'architecture et d'urbanisme, qui regroupe dix universités, son influence sur la réflexion architecturale et urbaine est incontestée.

Une mention spéciale a été décernée par le jury à l'équipe allemande "Oberste Baubehörde" conduite par l'architecte Hans Jörg Nussberger au sein du Ministère bavarois de l'Intérieur,

pour sa démarche novatrice et pertinente et l'élaboration d'aménagement "sans barrières" qui intègrent des programmes de logements sociaux. Le "Oberste Baubehörde" a démontré l'importance d'une conception architecturale de qualité et prouvé que le contrôle des coûts de construction peut aller de pair avec la qualité architecturale, le respect de l'écologie et la conscience sociale.



Mise à jour : 16/11/06
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